Repositionner la nutrition et le rôle du nutritionniste dans le système de santé congolais
1. La réalité congolaise : un métier méconnu et minimisé
En République Démocratique du Congo, le travail du nutritionniste demeure largement méconnu, sous-estimé et réduit à une vision erronée.
Dans l’imaginaire collectif, le nutritionniste est souvent perçu comme :
- un simple présentateur de bouillie,
- un acteur limité à la prise en charge des enfants de 0 à 5 ans,
- un professionnel cantonné aux programmes de malnutrition infantile,
- un agent secondaire dans les structures de santé.
Cette perception réductrice a profondément freiné la valorisation du métier, marginalisé les nutritionnistes et limité leur intégration dans les réseaux de soins globaux.
2. Une absence criante dans les milieux hospitaliers
Dans la majorité des structures hospitalières de la RDC :
- les nutritionnistes sont rares,
- lorsqu’ils existent, leur rôle est peu défini,
- ils sont exclus des décisions thérapeutiques,
- leur action est souvent limitée à des tâches administratives ou subalternes.
👉 Cette situation crée une rupture grave dans la prise en charge globale du patient, alors que la nutrition est un pilier fondamental de la thérapeutique moderne.
3. Constat personnel et décision stratégique
Face à cette réalité, et fort d’une formation spécialisée en nutrition thérapeutique, j’ai fait le constat suivant :
Il était impossible d’exercer pleinement la nutrition clinique et thérapeutique dans le cadre hospitalier classique tel qu’il est structuré en RDC.
C’est cette conviction qui m’a conduit à créer un cabinet privé, afin de :
- exercer librement la nutrition clinique,
- développer des approches thérapeutiques nutritionnelles,
- démontrer par les faits que la nutrition est indissociable du traitement médical.
4. CREON/SP : une première en RDC
Ainsi est né le CREON/SP – Cabinet de Recherches, d’Écoute et d’Orientation Nutritionnelle – Santé Plus,
l’un des tout premiers cabinets privés de nutrition en RDC, et :
- le premier cabinet de nutrition clinique et thérapeutique à Kinshasa et en RDC,
- le premier à concevoir et utiliser des recettes nutritionnelles à vocation thérapeutique,
- un modèle innovant reliant nutrition, recherche, pratique clinique et terrain communautaire.
5. La preuve par l’impact : quand la nutrition soulage
Contrairement aux discours théoriques, le CREON/SP s’est appuyé sur la preuve par les résultats.
Exemples concrets :
- VALPUL (mélange ail + miel)
👉 a apporté un soulagement notable des cas de dyspnée pendant la pandémie de COVID-19. - Tisane citronnelle – citron – miel – oignon
👉 a montré un impact significatif contre la toux et les troubles respiratoires.
Ces formulations, à base d’aliments locaux, ont démontré que :
l’alimentation, lorsqu’elle est bien utilisée, devient un véritable outil thérapeutique d’accompagnement.
⚠️ Elles n’ont jamais remplacé les médicaments, mais ont renforcé l’efficacité globale de la prise en charge.
6. Vers un changement structurel : le Protocole National de Nutrition Clinique
Fort de cette expérience, j’ai porté la vision plus loin en initiant :👉 le Projet de Protocole National de Prise en Charge Nutritionnelle dans les Milieux Hospitaliers en RDC.Ce protocole vise à :
- intégrer officiellement la nutrition clinique dans les soins hospitaliers,
- clarifier le rôle du nutritionniste au sein de l’équipe médicale,
- améliorer les résultats thérapeutiques,
- réduire les durées d’hospitalisation et les complications.
Aujourd’hui :
- la communauté congolaise commence à s’y intéresser,
- des médecins, nutritionnistes et institutions reconnaissent son importance,
- des démarches sont en cours pour sa validation par les autorités compétentes.
7. ANUCO : mobiliser pour valoriser
Cette même vision a conduit à la création de :👉 ANUCO – Action des Nutritionnistes du CongoObjectifs :
- mobiliser les nutritionnistes congolais,
- valoriser le métier par des actions visibles,
- éduquer la populationsur :
- qui est le nutritionniste,
- quel est son rôle réel,
- pourquoi il est indispensable dans le système de santé.
ANUCO combat une idée dangereuse :
celle selon laquelle les nutritionnistes n’auraient pas leur place dans les réseaux de santé.
8. Une vérité désormais incontestable
Aujourd’hui, la science est claire :
On ne peut pas séparer le traitement médical de la nutrition.
Traiter sans nutrition, c’est traiter à moitié.
- Aucun médicament n’agit efficacement sur un organisme mal nourri.
- Aucune guérison durable n’est possible sans correction alimentaire.
- La nutrition est un partenaire stratégique de la médecine, et non un concurrent.
9. Rôle stratégique de ce manuel
Ce manuel a donc une mission claire :
- outiller les agents et marketeurs CREON/SP,
- leur donner des arguments solides,
- leur permettre de défendre un métier noble mais méconnu,
- changer les mentalités :
- de la population,
- des autorités,
- du corps médical.
👉 Ce manuel est un outil de sensibilisation, de plaidoyer et de transformation du système de santé congolais.
10. Message central à transmettre (fondamental)
La nutrition n’est pas un supplément, elle est une composante essentielle du soin. Valoriser le nutritionniste, c’est renforcer tout le système de santé.